Les 5 Nœuds Marins Indispensables que Tout Bon Marin Doit Maîtriser

Savoir-faire ancestral et garant de la sécurité en mer, la maîtrise des nœuds marins est une compétence fondamentale pour tout navigateur, qu’il soit aguerri ou novice. Plus qu’une simple tradition, l’art du matelotage est une nécessité pratique qui assure la fiabilité des manœuvres, la solidité des amarrages et, en définitive, la sérénité de l’équipage. Dans cet article complet, nous vous proposons un guide détaillé et visuel pour apprendre à réaliser les cinq nœuds marins que tout bon marin se doit de connaître par cœur. De leur utilité spécifique aux étapes clés de leur confection, en passant par les astuces pour ne jamais les oublier, vous aurez toutes les cartes en main pour devenir un expert des cordages.
Naviguer en toute confiance, c’est avant tout pouvoir compter sur son matériel et ses compétences. Or, au cœur de cet apprentissage se trouve la connaissance des nœuds marins. En effet, que ce soit pour amarrer le bateau, régler les voiles ou sécuriser du matériel, un nœud bien exécuté est le gage d’une sortie en mer réussie. À l’inverse, un nœud mal réalisé ou inadapté à la situation peut avoir de lourdes conséquences. C’est pourquoi nous avons sélectionné pour vous les cinq nœuds marins les plus polyvalents et les plus fiables, ceux qui vous seront utiles dans la quasi-totalité des situations que vous rencontrerez sur l’eau.
1. Le Nœud de Chaise : Le Roi des Nœuds Marins
Le nœud de chaise est sans conteste le plus célèbre et le plus polyvalent des nœuds marins. Sa principale caractéristique est de former une boucle fixe qui ne se serre pas et ne glisse pas, même sous très forte tension. Par conséquent, il est incroyablement fiable. De plus, il présente l’avantage considérable de pouvoir être défait facilement, même après avoir été souqué.
Utilité du nœud de chaise : un allié pour de multiples manœuvres
Ce nœud est un véritable couteau suisse pour le marin. Premièrement, il est idéal pour frapper une drisse sur une voile ou pour amarrer une écoute. Deuxièmement, on l’utilise fréquemment pour s’amarrer à un anneau ou à une bitte d’amarrage. En outre, sa boucle solide et fiable peut également servir à sécuriser une personne ou du matériel. Par exemple, en cas de besoin, il peut être utilisé pour confectionner un harnais de fortune.
Tutoriel visuel pour réaliser le nœud de chaise, un des nœuds marins les plus importants

Pour mémoriser la réalisation du nœud de chaise, une astuce mnémotechnique bien connue existe : l’histoire du serpent qui sort du puits, tourne autour de l’arbre et y retourne.
1 – Le puits et le serpent Prenez le courant (l’extrémité du cordage avec laquelle vous travaillez) et formez une petite boucle (le puits) sur le dormant (la partie inactive du cordage). Assurez-vous que le courant passe par-dessus le dormant.
2 – Le serpent sort du puits Faites passer le courant (le serpent) par-dessous la boucle que vous venez de créer.
3 – Le serpent tourne autour de l’arbre Contournez ensuite le dormant (l’arbre) avec le courant.
4 – Le serpent retourne dans le puits Pour finir, repassez le courant dans la boucle initiale (le puits), mais cette fois-ci par le dessus.
5 – Le serrage Tirez simultanément sur le dormant et sur la ganse (la boucle formée) ainsi que sur le courant pour serrer le nœud. Vous obtenez ainsi une boucle solide et qui ne coulisse pas.
2. Le Nœud de Taquet : L’Indispensable pour l’Amarrage
Le nœud de taquet est, comme son nom l’indique, spécifiquement conçu pour fixer un cordage sur un taquet. C’est un des nœuds marins que vous utiliserez le plus fréquemment, notamment lors des manœuvres d’amarrage au port ou au mouillage. Sa force réside dans sa capacité à être réalisé et défait rapidement, tout en offrant une excellente tenue.
Utilité du nœud de taquet : rapidité et sécurité pour vos amarres
L’utilisation principale du nœud de taquet est de tourner une amarre sur un taquet, que ce soit sur le bateau ou sur le quai. Il permet de régler facilement la tension de l’amarre et de la larguer tout aussi aisément, même si elle est sous charge. De surcroît, il est également employé pour bloquer une drisse ou une écoute sur un taquet de mât ou de cockpit.
Tutoriel visuel pour maîtriser le nœud de taquet, un des nœuds marins fondamentaux

La réalisation du nœud de taquet suit une logique simple et répétitive.
1 – Le tour mort Commencez par effectuer un tour complet autour de la base du taquet avec le cordage. Ce « tour mort » est essentiel car il absorbe une grande partie de la tension et empêche le nœud de glisser.
2 – Le premier huit Ensuite, faites passer le cordage en diagonale par-dessus le taquet pour former le début d’un « huit ». Passez sous une des cornes du taquet.
3 – Le second huit Continuez le mouvement en formant un second huit en passant par-dessus le centre du taquet et sous l’autre corne. Le cordage doit se croiser au milieu du taquet.
4 – La demi-clé inversée Pour finaliser et sécuriser le nœud, formez une petite boucle avec le courant et coincez-la sous la dernière diagonale du huit. C’est ce qu’on appelle une demi-clé inversée. Le courant doit sortir parallèle au dernier tour.
5 – Le nœud finalisé Serrez bien le tout. Un nœud de taquet bien exécuté est propre, compact et extrêmement sûr.
3. Le Nœud de Cabestan : L’Accroche Rapide et Efficace
Le nœud de cabestan est un nœud d’accroche très populaire, particulièrement utile pour fixer un cordage à un point fixe cylindrique comme un mât, une barre de flèche ou une bitte d’amarrage. Sa grande qualité est sa rapidité d’exécution. Cependant, il est important de noter qu’il doit rester sous tension pour être totalement fiable.
Utilité du nœud de cabestan : un nœud marin pour les fixations temporaires
Ce nœud est parfait pour des utilisations temporaires. Par exemple, il est couramment utilisé pour attacher les pare-battages aux filières ou aux chandeliers du bateau. De même, il peut servir à amarrer provisoirement une annexe. Toutefois, pour un amarrage de longue durée ou soumis à de fortes variations de tension, il est préférable de le sécuriser avec une ou deux demi-clés supplémentaires.
Tutoriel visuel pour réaliser le nœud de cabestan, un classique des nœuds marins

Il existe plusieurs méthodes pour réaliser un nœud de cabestan. Voici la plus courante.
1 – Premier tour Passez le cordage autour du support.
2 – Croisement Croisez le courant par-dessus le dormant.
3 – Deuxième tour Effectuez un second tour autour du support, dans la même direction que le premier.
4 – Le passage final Glissez le courant sous le deuxième tour que vous venez de faire.
5 – Serrage Tirez sur les deux brins (courant et dormant) pour serrer le nœud contre le support. Le nœud de cabestan doit présenter deux brins parallèles d’un côté et un croisement de l’autre.
4. Le Nœud de Huit : Le Nœud d’Arrêt par Excellence

Simple, efficace et facile à défaire, le nœud de huit est le nœud d’arrêt que tout marin doit connaître. Sa fonction principale est d’empêcher un cordage de s’échapper d’un trou, d’une poulie ou d’un bloqueur en créant un volume à son extrémité.
Utilité du nœud de huit : un des nœuds marins pour ne rien laisser filer
L’utilisation du nœud de huit est quasi systématique en bout de drisse, d’écoute ou de bosse de ris. En effet, en formant un « bouchon » plus gros que le diamètre du cordage, il évite la mésaventure de voir une écoute filer entièrement à travers une poulie ou une drisse disparaître dans le mât. C’est donc un élément de sécurité simple mais primordial.
Tutoriel visuel pour apprendre le nœud de huit, un fondamental des nœuds marins
La confection du nœud de huit est enfantine et son nom est un excellent moyen mnémotechnique.
1 – La première boucle Prenez l’extrémité du cordage et formez une boucle.
2 – Le passage derrière Passez ensuite le courant derrière le dormant.
3 – Le retour dans la boucle Revenez sur le devant et repassez le courant à l’intérieur de la boucle initiale.
4 – Le serrage Tirez sur le courant pour serrer le nœud. Vous devez distinctement voir se former un « 8 ».
5. Le Tour Mort et Deux Demi-Clés : La Sécurité Avant Tout
Le tour mort et deux demi-clés est plus une combinaison qu’un nœud unique, mais son efficacité et sa fiabilité en font un incontournable. C’est une méthode extrêmement sûre pour amarrer un cordage à un point fixe, qu’il soit cylindrique ou non. Le dicton marin « un tour mort et deux demi-clés n’ont jamais manqué » témoigne de sa grande réputation.
Utilité du tour mort et deux demi-clés : un des nœuds marins les plus fiables
Cet assemblage est idéal pour un amarrage de longue durée ou nécessitant une sécurité maximale. Le tour mort encaisse la majeure partie de la charge et prévient l’usure du cordage par ragage, tandis que les deux demi-clés assurent un verrouillage parfait. On l’utilise par exemple pour fixer une ancre à sa chaîne ou pour un amarrage prolongé à un anneau.
Tutoriel visuel pour le tour mort et deux demi-clés, la sûreté parmi les nœuds marins

La réalisation est aussi simple que son nom le suggère.
1 – Le tour mort Comme pour le nœud de taquet, commencez par enrouler le cordage en faisant un tour complet (voire deux pour plus de sécurité) autour du point d’amarrage.
2 La première demi-clé Avec le courant, faites une première boucle autour du dormant et passez le courant à l’intérieur. Serrez cette première demi-clé.
3 – La seconde demi-clé Répétez l’opération en réalisant une seconde demi-clé exactement de la même manière que la première.
Étape 4 : Le serrage final Serrez fermement la seconde demi-clé contre la première. Le nœud est maintenant sécurisé.
En conclusion, la maîtrise de ces cinq nœuds marins essentiels constitue le socle de compétences de tout bon marin. Prenez le temps de les pratiquer régulièrement, avec différents types de cordages, jusqu’à ce que leur exécution devienne un réflexe. Car en mer, plus encore qu’ailleurs, la sécurité dépend souvent de la solidité d’un simple nœud. Alors, à vos bouts, et bon vent !
